[Paroles d'experts] Marc Zolver

Au cœur du Complexe de la Science et de l'Ingénierie et du sommet Africa Forward, Marc Zolver témoigne d'une coopération franco-kényane au service de l'enseignement supérieur, de la recherche et de l'innovation.

Depuis septembre 2022, Marc Zolver accompagne l’Université de Nairobi (UoN) en tant qu’expert technique international (ETI) déployé par Expertise France dans le cadre du projet du Complexe de la Science et de l’Ingénierie (CSI), soutenu par l’Agence française de développement (AFD). À travers cette mission, il contribue à la création de nouveaux programmes de formation, au renforcement de la recherche, de l’innovation et de l’entrepreneuriat, ainsi qu’au développement de partenariats académiques et scientifiques entre le Kenya, la France et leurs partenaires internationaux.

Quelques semaines après le sommet Africa Forward, qui a réuni plus de 5 000 participants sur le campus de l’université, il revient sur les avancées du projet, les coopérations académiques nouées entre partenaires kényans et français et les perspectives ouvertes par cet événement pour l’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation.

Crédits photo : Marc Zolver - ETI Expertise France

Du développement du CSI au sommet Africa Forward : quand un projet académique et scientifique devient une vitrine de la coopération franco-kényane

En quoi consiste votre mission d'ETI auprès de l'Université de Nairobi et quels sont les objectifs du projet du Complexe de la Science et de l'Ingénierie ?

En poste depuis septembre 2022, j’accompagne en effet le projet du CSI soutenu financièrement par l’AFD. Il a fait l’objet d’études de pré-faisabilité et faisabilité en 2019 auxquelles j’ai participé avant d’être recruté en tant qu'ETI en 2022. Il a d’ailleurs été inscrit dans la feuille de route franco-kényane engagée par le Président Macron lors de sa première visite d’état au Kenya en 2019.

Le projet est essentiellement un projet d’infrastructure avec la construction d’environ 30 000 m² dédiés à la science et à l’ingénierie selon une approche moderne des campus d’enseignement supérieur, recherche et innovation, telle qu’on peut la voir incarnée à l’Université Paris-Saclay avec ses bâtiments iconiques de CentraleSupélec, l’ENS Paris-Saclay, le Lumen.

L’originalité du projet réside dans le fait qu’en parallèle de la construction du bâtiment, l’AFD soutient un volet de coopération académique associant six établissements français : l’Université Paris-Saclay, CentraleSupélec, AgroParisTech, Chimie ParisTech PSL, l’École des Mines Paris PSL et l’École des Ponts et Chaussées IPP.

Les équipes franco-kényanes constituées ont pour objectif de mettre en place des « Communautés d’Excellence » sectorielles pluri-disciplinaires réunissant de multiples parties prenantes, qui animeront durablement le CSI. Chacune accueillera de nouveaux programmes de formation, des activités de recherche et d’innovation menées en coopération, des entreprises partenaires ainsi que des partenariats académiques français, européens et internationaux.

Plusieurs communautés stratégiques pour le Kenya ont été retenues avec les énergies décarbonées, la chimie durable, l’agriculture et l’alimentation, la technologie pour la santé, la fabrication avancée et le développement urbain, et, transversalement, l’innovation et les données/l’intelligence artificielle.

Dans quel contexte s'inscrivait le sommet Africa Forward et quelles étaient ses ambitions ?

Lors de l’Assemblée générale des Nations unies du 24 septembre 2025, dans le contexte du renouvellement des relations entre la France et l’Afrique et du développement des échanges franco-kényans, les présidents Emmanuel Macron et William Ruto ont annoncé conjointement la tenue du sommet Africa Forward à Nairobi les 11 et 12 mai 2026. Ce sommet poursuit plusieurs objectifs : 

  • rencontrer et écouter la jeunesse africaine et sa société civile ; 
  • renforcer les relations économiques franco-africaines, en particulier avec le Kenya ;
  • aborder les défis stratégiques de l’Afrique sur l’énergie, l’industrialisation, l’agriculture, la santé et la transition digitale, et discuter ensemble des solutions ;
  • incarner la nouvelle approche équilibrée et gagnant-gagnant de la France avec l’Afrique.

 

Qu’a représenté l’accueil de ce sommet pour l’Université de Nairobi et pour le projet du CSI ?

Dans la continuité du Sommet Afrique-France de Montpellier de 2023, et compte tenu du rôle clé joué par l'UoN dans la coopération franco-kényane, il a été décidé d’accueillir la première journée du sommet sur le campus principal de l’université, le 11 mai, avec notamment l’organisation du Business Forum porté par Bpifrance, Proparco et Business France.

Soutenue par l’Ambassade de France au Kenya, BPI, Proparco et Business France, ainsi que leurs fournisseurs, l’UoN a fait peau neuve et a complètement transformé ses espaces afin de pouvoir accueillir plus de 5 000 participants au cours de cette journée.

Parmi les temps forts figuraient :

  • la présentation de la maquette du CSI; 
  • la conférence des présidents devant une sélection de la jeunesse africaine, dans l’amphithéâtre Taifa de 500 places ;
  • Le Business Forum avec ses multiples scènes connectées et plusieurs milliers de visiteurs dans la journée, organisé dans la bibliothèque commémorative Jomo Kenyatta, entièrement réaménagée pour l’occasion ;
  • des démonstrations sportives sur les terrains de l’université rénovés avec le soutien de l'AFD ;
  • un parcours artistique immersif au pied de la tour de l’UoN.

Le 12 mai, la seconde journée du sommet s’est tenue au Kenyatta International Convention Centre (KICC) et a réuni les délégations des États africains invités autour d’un programme davantage consacré aux échanges diplomatiques.

À l’occasion du sommet, de nombreux autres événements ont eu lieu les 12 et 13 mai à l’UoN, avec des conférences, des tables rondes thématiques, des événements culturels et artistiques, ainsi que des signatures d’accords avec l’Université de Mayotte, PSL Université et des entreprises, en présence de la ministre déléguée chargée des Partenariats internationaux et des Français de l’étranger, Éléonore Caroit, du directeur général de l’AFD, Christophe Lecourtier, de l’ambassadeur de France au Kenya, Arnaud Suquet, du ministre délégué à la Science, à la Recherche et à l’Innovation au Kenya, Shaukat Abdulrazak, et de sa collègue ministre déléguée à l’Enseignement supérieur, Beatrice Inyangala. 

Pouvez-vous nous parler de votre rôle dans l’organisation de cet événement ?

En tant qu’ETI placé au sein de l’UoN, je me suis trouvé au cœur de la préparation de la journée officielle du 11 mai ainsi que des événements organisés les 12 et 13 mai, jouant notamment un rôle d’interface entre les parties françaises et kényanes.

Les préparatifs ont débuté dès janvier 2026, avec une montée en puissance particulièrement importante au cours des dernières semaines. J’ai ainsi participé à la définition des différentes séquences et de leur déroulé, contribué à la consolidation des listes de participants, accompagné les multiples visites de site menées par les fournisseurs, les autorités, les équipes protocolaires et de sécurité, suivi les travaux d’aménagement du campus, assuré la coordination avec nos partenaires académiques et industriels, consolidé les documents et accords à signer, et facilité les échanges avec la présidence de l’UoN.

J’ai ensuite eu l’opportunité d’intervenir au cours des trois journées du sommet, du 11 au 13 mai.

Ce succès est avant tout le fruit d’un important travail collectif. Je pense notamment à l’Ambassade de France et à ses services, à Bpifrance, Proparco et Business France pour l’organisation du Business Forum, aux fournisseurs locaux qui ont travaillé sans relâche, particulièrement durant les derniers jours, ainsi qu’aux équipes de l’UoN : les directions des relations internationales et des relations extérieures, les services techniques, la maintenance, la sécurité, ainsi que les départements des sports, de la diplomatie, des sciences et technologies, de l’ingénierie et de l’agriculture.

Le sommet restera un moment marquant dans l’histoire de l’UoN. Il a constitué la deuxième visite du président Macron sur le campus, offert une visibilité exceptionnelle aux relations entre la France et l’Afrique et renforcé les liens entre les différents partenaires mobilisés. Il devrait également avoir des retombées durables pour l’université, en renforçant sa visibilité, son attractivité et, plus largement, la dynamique du projet du CSI.

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